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RAPPORT

SUR LES

lanade auclius

ARCHIVES PUBLIQUES

PAR

DOUGLAS BRYMNER

ARCHIVISTE

1882

(Etant l'appendice No. 1, au rapport du ministre de l'Agriculture.)

OTTAWA
IMPRIMERIE MACLEAN, ROGER ET CIE, RUE WELLINGTON

1883.

SHIVERSITI

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Flool ,C13

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ANNEXE No I.

RAPPORT SUR LES ARCHIVES PUBLIQUES.

(DOUGLAS BRYMNER, ARCHIVISTE.) MONSIEUR, -J'ai l'honneur de présenter le rapport annuel sur les archives historiques confiées à ma garde. La catalogue qui fait suite à ce rapport, indique les documents dont la collection s'est enrichio durant l'année.

Grâce à la courtoisie des gouvernements d'Ontario et de Québec, des collections des documents publics de ces provinces, depuis la confédération, ont été pla dépôt. Le très honorable sir George Jessel, maître des rôles et gardien des archives d'Angleterre, nous a fait un don précieux des rapports de la Commission des manuscrits bistoriques, dont les travaux sont mentionnés dans mon dernier rapport; il y a joint les rapports, de 1840 à 1882 (43 volumes), du gardien-adjoint dos archivos, qui viennent s'ajouter aux deux volumes dont nous avons fait l'acquisition l'année dernière. L'édition de deux des rapports sur les manuscrits historiques (vols 3 et 4) est épuisée ; mais des instructions ont été envoyées à Londres de se les procurer s'il est possible, afin de compléter la série. On ne néglige rien pour se procurer des séries aussi complètes que possible des documents relatifs aux différentes époques de l'histoire des provinces de l'Amérique Britannique du Nord et de la Confédération canadienne.

Nous avons reçu 141 volumes de la collection Haldimand et 17 volumes de la collection Bouquet, copiéos l'une et l'autre au British Museum. On a dressé la table analytique de ces volumes, à l'exception de ceux qui n'ont été reçus que tout dernièrement. La table de l'un de ces volumes qui a trait aux négociations avec le Vermont et celle d'un volume contenant la correspondance relative aux affaires de Détroit et aux expéditions parties de ce point pour l'ouest, etc., sont imprimées à la fin du présent rapport, pour faire voir le système adopté. (Voir noto A.) Le dernier volume a été choisi à cause de l'intérêt qu'excitent les événements qui y sont mentionnés, comme le prouvent les fréquentes questions faites à ce sujet par les auteurs de recherches. Instructions ont été envoyées de faire copier d'autres documents du Museum, et ce travail est commencé.

On a régulièrement travaillé aux tables durant l'année, afin de rendre les documents aussi utiles que possible aux personnes qui font des recherches.

Je signalerai respectueusement la question d'agrandir les salles des archives. Si l'on veut rendre les divers documents aisément accessibles, il faut de la place pour arranger systématiquement les manuscrits et les imprimés, par provinces, sujets et périodes, et réservor en outro des compartiments spéciaux pour les documents d'un caractère général, ayant trait d'une manière plus ou moins directe aux intérêts de la Confédération ou des provinces, par exemple-pour n'en mentionner que deux catégoriesle statistique du commerce et celle de la vitalité. Pour le moment, on ne peut prendre que des dispositions temporaires; on no peut établir de classification méthodique et définitive, di sur les rayons, ni dans le catalogue; il est impossible, sans recherches et tâtonnements, de donner un document à consulter en l'absence do l'archiviste. On a tiré tout le parti possible de l'espace quo nous avons, et l'un continuera d'en agir ainsi; mais nous n'avons jamais eu, et nous avons encore moins l'espace requis pour établir une disposition satisfaisante. C'est là un point qui mérite je crois, l'attention. Il est probablement impossiblo, à raison de l'accumulation qui existe dans tous los départements, de remédier à cet état de choses dans les édifices actuels ; mais il est clair qu'avant longtemps, on devra faire droit à une plainte générale, et il faut espérer que l'importance de cotte division du service public amè. nera des arrangements qui suffiront pour nombre d'années.

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Pour comprendre la nécessité de ces arrangements, il suffit d'examiner la division suivante, par périodes, de l’bistoire des provinces et de la Confédération :

I. LE CANADA SOUS LA DOMINATION FRANÇAISE.—Sous ce titre, sont compris les documents relatifs à la Nouvelle-France et ceux qui ont trait aux découvertes faites par les explorateurs français dans l'euost, etc. Les ouvrages do Parkman que le département possède, sont d'une grande valeur historique, d'autant plus qu'ils sont utiles dans la recherche des sources où l'on peut se procurer des documents. Le Journal et les Relations des Jésuites, les Euvres de Champlain, les Edits et Ordonnances, ainsi

que
d'autres ouvrages,

donnent des éclaircissements sur cette période de notre histoire, mais c'est dans les archives françaises qu'il faut aller chercher la grande masse des documents. Nous n'avons pas encore les ouvrages des historions français.

II. PROVINCE DE QUÉBEC.-1. Depuis la cession du pays à la Grande-Bretagne jusqu'à 1791, époque à laquelle l'ancienne province de Québec fut divisée en deux provinces, : le Haut et le Bas-Canada. 2. Le Bas-Canada, de 1791 à 1841, époque à laquelle les deux provinces furent réunies pour former la Province du Canada; 3. De 1841 à 1867 (date de la Confédération), en ce qui concerne spécialement lesaffaires du Bas-Canada; 4. Depuis la Confédération, dans laquelle la province de Québec a repris son ancien nom. III. PROVINCE D'ONTARIO.-Colonisation, etc., de la partie supérieure de la

province de Québec, depuis la cession jusqu'à 1791; 2. Le Haut-Canada, de 1791 à 1841, date de l'Union; 3. De 1811 à 1867, en ce qui concerne spécialement les affaires du HautCanada ; 4. Depuis la Confédération, dans laquelle la province porte le nom de province d'Ontario.

IV. PROVINCE DE LA NOUVELLE-Écosse.—Depuis la découverte de cette province, vers 1497 ou 1498, par Cabot et ses fils, porteurs d'une commission de Henri VII d'Angleterre, émiso en 1496, il n'y eut pas de tentative sérieuse de colonisation pendant plus d'un siècle. Peu après la défaite, par les troupes de la Virginie, de De Monts, qui voulait y établir les Français (1604-1613), fut accordéo (1621) la conces. sion à sir William Alexander, mentionnée dans mon dernier rapport. 'Uue collection de documents relatifs à cette concession se trouve aux archives, mais c'est dans les archives de Londres et de Paris qu'il faut rechercher l'histoire générale de la province, parce qu'elle a fréquemment changé de maître durant cette période. Toute. fois, depuis sa cession définitive à la Grande-Bretagne, en 1713, on peut indiquer distinctement certaines périodes pour l'objet que l'on se propose ici. 1. De 1713 à 1758, date à laquelle une constitution fut accordée à la province ; 2. De 1758 à 1770, date à laquelle l'ile du Prince-Edouard (alors l'ile Saint-Jean) en fut détachée ; 3. De 1770 à 1784, date à laquelle le Nouveau-Brunswick en fut détaché; 4. De 1784 . 1848, date à laquello le gouvernement responsable fut accordé à la province; 5. De 1848

à 1867, date de la Confédération ; 6. Depuis la Confédération jusqu'à nous.

V. PROVINCE DU NOUVEAU-BRUNSWICK. - L'histoire de cette province de confond, à l'origine, avec celle de la Nouvelle-Écosse, jusqu'à 1784. Son histoire, comme province séparée, comprend les périodes suivantes : 1. De 1784 à 1848, date à laquelle le gouvernement responsable lui fut accordé. Cette période comprend l'établissement des Loyalistes des Etats-Unis; 2. De 1818 à 1867, date de la Confédération ; 3. Depuis la Confédération jusqu'à nous.

VIILE DU PRINCE-EDOUARD (appelée Ile Saint-Jean jusqu'à 1800).-1. Sous la domination française jusqu'à 1763, y compris l'établissement des Acadiens, après leur expulsion de la Nouvelle-Ecosse ; 2. Depuis 1763, date de sa cession à la Grande-Bretagne, époque à laquelle elle fut placée sous la juridiction du gouvernement de la NouvelleEcosse, jusqu'à 1770, date de son établissement comme province séparée ; 3. De 1770 à 1851, inauguration du gouvernement responsable ; 4. De 1851 à 1873, date de l'admission de la province dans la Confédération ; 5. Depuis 1873 jusqu'à nous,

VII. COLOMBIE-BRITANNIQUE, y compris l'île de Vancouver.-i. Sous la domination de la compagnie de la baie d'Hudson ; 2. De 1858, date à laquelle le gouvernement de la province fut constitué, à 1866, date à laquelle elle fut unie à l'île de Vancouver; 3. L'île de Vancouver depuis 1859, date à laquelle son gouvernement fut constitué, jusqu'à 1866, date à laquelle elle fut unie à la Colombie-Britannique ; 4. De 1866 à 1871, date à laquelle elle fut admise dans la Confédération ; 5. Depuis la Coufédération jusqu'à nous.

VIII. TERRITOIRES DU NORD-OUEST:- 1. Sous la domination de la Compagnie de la baie d'Hudson, jusqu'à 1870, dato à laquelle ils furent transférés à la Confédération. Cette période comprend les opérations des compagnies rivales faisant la traite et le commerce des fourrures ; 2. Depuis la date du transfert jusqu'à nous.

IX. PROVINCE DU MANITOBA.--L'histoire de cette province se confond, à l'origine, avec celle des Territoires du Nord-Ouest. Toutefois, si la quantité des documents le permettait, il serait bon de classer à part ceux qui concernent la dite province, savoir :--1. Documents ayant spécialement trait aux évènements qui se sont passés à Fort-Garry, aujourd'hui Winnipeg, capitale du Manitoba ; 2. Le Manitoba depuis sa création en province, 1870.

X. LA PUISSANCE DU CANADA, depuis 1867, date à laquelle elle est constituée par la Confédération des diverses provinces.

Lacréation de nouvelles provinces, à mesure que los Territoires du Nord-Ouest se colonisent, a déjà nécessité de nouvelles divisions dont il faut tenir compte en élaborant un système de classification des archives qui les rende aussi utiles quo possibles.

Par ordre du conseil en date du 8 mai 1882, quatre districts provisoires ont été formés dans ces territoires, Ce sont les suivants :

1. DISTRICT D'ASSINIBOIA, dont la superficie est d'environ 95,900 milles carrés. 2. DISTRICT DE SASKATCHEWAN, environ 114,000 carrés. 3. DISTRICT D'ALBERTA, environ 100,000 milles carrés. 4. DISTRICT D'ATHA BASKA, opviron 122,000 milles carrés.

Pour compléter la collection des documents relatifs à l'histoire de l'Amérique Britannique du Nord, il est à désirer que l'on fasse une collection de ceux qui ont trait à Terreneuve. La collection de manascrits du British Museum n'est pas très considérable, mais elle comprend les réclamations de Kirke et de sir George Calvert (subséquemment lord Baltimore), et un historique de l'établissement de la colonie, en date de 1676 ; dos rapports du commerce de poisson, depuis 1615 jusqu'à 1706, non pas sans interruption, plus des observations sur les relations entre les Français et les Anglais, ainsi que d'autres renseignements intéressants. Cette collection est encore devenue plus précieuse par suite des réclamations de la France, aux termes da traité de 1783.

Il sera nécessaire de subdiviser ces grandes divisions, afin de pouvoir placer systématiquement sur les rayons les documents qui s'accumulent chaque année. Je m'abstiens, pour le moment, de toute recommandation sur les meilleurs moyens à prendre pour opérer cette subdivision. Avant que l'on se décide à agrandir le local, il faudra étudier avec soin l'importante question des dispositions générales.

Par la nature même des relations entre le gouvernement fédéral et les administrations provinciales, ces dernières ont gardé les documents relatifs à l'histoire des diverses provinces antérieurement à la Confédération, et, naturellement, depuis cette époque. Les documents nécessaires à des recherches sont ainsi disséminés dans les capitales provinciales. Quant il s'agit de recherches d'un caractère général, c'est-àdire ayant trait à toute l'Amérique Britannique du Nord, on est exposé à une perte de temps considérable, et il deviont beaucoup plus coûteux de consulter les divers documents que si nous avions une collection complète, d'après le système indiqué dans la pétition des auteurs et historiens qui représentèrent la chose d'uo manière si pressante au parlement du Canada en 1870. Si l'on pouvait se procurer des listes des archives des différentes provinces qui sont en la possession de leurs gouvernements respectifs, ces listes faciliteraient beaucoup le travail de cette division du service, et seraient d'un grand secours pour procurer des renseignements aux per- . sonnes qui font des recherches historiques et demandent souvent si les documents qu'ils désirent consulter existent, et où ils sont déposés. La préparation de pareilles listes est du rossort des administrations locales, mais on m'excusera d'en avoir fait mention dans le présent rapport.

Il est important, à divers points de vue, d'avoir une collection générale de documents historiques au siège du gouvernement fédéral, et une collection particulière à chaque province dans la capitale de chaque province. Pour les recherches d'un ca

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