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Sir Charles Stuart to Lord Castlereagh.

Paris, February 25, 1816. My dear Lord—After the exchange of the ratifications with the different Powers who are parties to the Treaty dated the 20th of November, M. de Richelieu called here and delivered me a diamond snuff-box, which he said he was directed to give me upon the occasion. I told him he must certainly be mistaken, because I conceive that your lordship and the Duke of Wellington, who negociated and signed the Treaty, are entitled, as a matter of course, to the usual present; that he would, therefore, do well to point out to whom this box should be transmitted. He said that he could not admit this mode of reasoning ; that the box was destined for the person who exchanged the ratifications, and not for the signataires ; and he hinted that this principle was laid down by the French Government for the purpose of avoiding the expense which the distribution of presents to an unequal number of signataires employed by other Powers must necessarily occasion ; which expense they propose to avoid by the distribution of decorations to the parties who are willing to receive them.

The same conversation has passed with Messrs. Vincent, Golz, and Pozzo di Borgo, all of whom have received boxes, which they have retained, alleging that they must be returned to the Duke de Richelieu, if their respective Governments do not approve their conduct.

As the Duke of Wellington declares that, under these circumstances, he will have nothing to do with the question, your lordship will, I presume, decide how far I am to follow their example.

I am, &c., CHARLES STUART.

M. Fouché (Duc d'Otrante) to Lord Castlereagh.

Dresde, 26 Fevrier, 1816. Mylord—La crise où se trouve la France, l'exil auquel me condamne le parti qui y domine en ce moment, me force à chercher une autre patrie. Je pourrois aller en Angleterre sans autre précaution que mon estime pour votre nation, et pour votre caractère personnel. Je suis certain que j'y serais accueilli avec bienveillance. Toutefois je dois vous faire connoître ma position.

Le Roi me laisse libre de choisir le lieu de mon exil, et n'excepte que la France des voyages qui pourraient entrer dans mes projets. Toute contrée qui m'offre sureté et repos me conviendrait, mais j'ai une femme et des enfans ; je désire leur procurer un séjour agréable. Je ne présume pas trop de l'intérêt que votre Seigneurie a bien voulu me promettre en la priant de m'accorder ses bons offices, et de me dire dans qu'elle partie des états de sa Majesté Britannique je pourrais espérer de me fixer.

Mon projet est de consacrer le temps que je passerai dans la retraite à écrire un mémoire sur les évènemens depuis mon entrée dans les affaires en 1789 jusqu'à nos jours. J'ai vu de près les ressorts secrets qui ont mis en jeu toutes les passions. Je crois rendre mes loisirs utiles à mon siècle et à l'histoire, en expliquant les révolutions qui ont fait passer la France de l'antique monarchie à la République, de la République à l'empire de Napoléon, et de cet empire à la royauté des Bourbons. Je serai amené naturellement à rendre compte de notre situation politique.

Je n'ai pas besoin de dire à votre Seigneurie que mon langage sera sincère, et qu'il n'aura aucune ressemblance avec celui de mes ennemis. Mes idées sont trop élevées pour que l'exagération et le ressentiment les atteignent. L'intérêt et le repos de ma patrie marchent avant tout. Il s'y trouve déjà trop d'élémens de discorde, pour en ajouter de nouveaux.

On sera convaincu après avoir lu mon mémoire que mes principes et mon caractère ont été constamment dans la ligne de la modération. Beaucoup de gens me jugent encore d'après les articles du Moniteur et des biographies rédigés sous l'influence des factions. J'ai toujours aimé la liberté, mais je n'ai jamais voulu qu'elle fût sans objet et sans règle.

Votre Seigneurie peut me rendre cette justice que, dans mon ministère sous Louis XVIII., j'ai fait tous mes efforts pour ramener l'esprit d'ordre, de subordination, et de modestie, mais sans secousse, sans réaction. J'ai pensé qu'au lieu de compulser et d'agiter le passé, qu'au lieu d'alarmer, d'inquiéter, et d'aigrir l'opinion, il valait mieux assujettir tout le monde aux devoirs. L'armée même a-t-elle cessé un moment d'être soumise et obéissante ! Tous les désirs des souverains n'ont ils pas été remplis?

On a méconnus mes services. On les appréciera, lorsque le parti qui domine sera lui-même accablé. Si toutes les passions qu'on fait fermenter en ce moment n'amènent pas un choc violent, il faut renoncer à juger les affaires humaines par l'expérience et par les lumières de la raison.

Je me félicite d'être dispensé de toute responsabilité, et de pouvoir jouir dans la retraite d'un repos qui fait l'objet de mon ambition. Les ennemis de ma patrie ne le troubleront pas de leurs calomnies ; le bon esprit de votre nation en fera justice. Les faits parleront d'eux-mêmes.

Au milieu des nombreuses ingratitudes que j'éprouve aujourd'hui, il est consolant pour moi de recevoir des témoignages d'estime, et de voir l'opinion honorer ceux qui me les donnent.

Je prie votre Seigneurie de me faire parvenir à Dresde l'autorisation et les passeports qui me sont nécessaires pour voyager avec ma femme et mes enfans en Angleterre et en Ecosse.

Je désire de renouveller de vive voix à votre Seigneurie l'assurance de ma haute et respectueuse considération.

Le Due D'OTRANTE. Ps. Vos journaux me promènent d'exil en exil ; je ne suis cependant sur aucune liste d'exilés. A la vérite je me trouve compris par l'artifice dans les généralités d'une loi dont les autrurs n'ont pas osé prononcer mon nom. Le motif de mon exil dans cette loi est d'avoir accepté un emploi de Napoléon ; mais depuis ce moment j'ai été appelé au ministère par Louis XVIII. J'ai reçu de lui une lettre de reconnoissance de mes services. Ma mission à Dresde n'étoit pas une faveur, mais c'est une nouvelle nomination du Roi. De plus, je suis membre de la Chambre des Députés. J'ai été élu par cinq collèges électoraux les plus nombreux, notamment celui de Paris. J'aurois été nommé par la France entière si je l'eusse désiré. Il seroit un peu trop scandaleux de me voir banni en vertu d'une loi qui me laisse dans une exception si solemnelle, et si inviolable. La probité du Roi se révolteroit, si on lui présentoit à signer une ordonnance d'exécution où mon nom seroit inscrit. Non-l'iniquité ne sera pas consommée à mon égard. Qui pourroit compter sur la sainteté des engagemens du Roi, si les Chambres mêmes avoient le droit d'en arriter l'effet ! Qui croiroit à une Constitution, si les Chambres peuvent exclure un de leurs membres, sans jugement, sans même articuler son nom. Après une pareille violation ou l'Europe trouveroit elle un gouvernement en France !

Il m'est impossible de concilier dans mon esprit la lettre du Roi qui m'a appellé au Ministère de la Police, celle qui m'a nommé son Ministre à Dresde, les promesses touchantes qui la terminent avec une ordonnance d'exil signé de la même main. La postérité rechercheroit les causes de cette étrange contradiction; elle ne voudrait pas se persuader que des motifs qui n'ont pas empêché le Roi de me faire entrer dans son conseil, et dans la plus grande étendue de sa confiance, au moment du danger, m'en eussent fait éloigner et bannir de ma patrie quand on a cru le danger passé.

Sir Charles Stuart to Lord Castleteagh.

Paris, February 29, 1816. My dear Lond-Though the decided ascendency the l'ltraRoyalist party has acquired in the Chambers has some time since rendered the situation of the Ministry extremely uncertain, no admission of their embarrassment had allowed me to report to you the probability of a change in the direction of affairs, resulting from the want of influence on the part of the King's advisers in the Chambers, until the discussion respecting the erasure of that article from the budget relating to the arrears previous to 1814, which took place on Monday.

The result of this discussion has placed the Ministers in a most precarious situation; for, the support derived from the friends of M. de Talleyrand having been voluntarily sacrificed by the compromise which took place respecting the exceptions from the general amnesty, their own force does not give a majority upon any question which the views of the UltraRoyalists may induce that party to throw out. Their existence as a Ministry, therefore, depends upon the will of their opponents, and it is very clear that the slightest circumstance may lead to their removal.

This circumstance has occurred at the present moment; for your lordship is aware that the discussion on Monday last left the Ministers in a minority on the King's message, and the commission appointed to take the Budget into consideration decided on Tuesday that the message shall pass unnoticed, and that the report on the Budget, which is under consideration, shall be brought up next week.

As it is not likely that an Administration which succeeds M. de Richelieu under these circumstances can remain many weeks at the head of affairs, the King will thus be placed in a situation which must endanger the safety of the country, and lead to the suspension of the payments due, under treaty, to the Allies. My colleagues, therefore, determined yesterday to devote the usual conference to the serious consideration of the measures the circumstances require. They invited the Duke of Wellington to be present, and the detail of the mischiefs which menace the country, unless the Court shall cease to

VOL. XI.

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