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durable, il faut donc commencer par reconstruire ses trois points d'appui, l'éducation, les lois, et la religion.

La religion, qui est la sanction la plus universelle et la plus forte de la morale naturelle, et qui réunit, tous les hommes dans les mêmes devoirs, dans les mêmes espérances, et dans les mêmes craintes—les loix, qui offrent à tous la même protection contre le méchant et menacent le méchant de la vengeance de tous—l'éducation qui développe et fortifie par ses habitudes le sentiment des devoirs naturels et accroit l'intelligence par l'étude. Tel est partout le fondement de l'ordre social, tel est partout le triple frein que le législateur doit opposer aux passions injustes et violentes, par lesquelles l'homme, également susceptible de bien et de mal, tend sans cesse à troubler l'ordre social, en même tems qu'il en ressent le besoin et les avantages.

Mais cette restauration n'est pas l'affaire d'un jour. Il faudra même de longues années pour réaccoutumer les enfans à l'étude, les hommes aux loix, et le peuple à la religion : en attendant cette époque, la superstition, l'orgueil, et l'ignorance, occasionneront beaucoup de désordres, et nous ferons longtems ressentir les effets de la révolution, lors même que la cause en est détruite.

Écoutez, s'il vous plait, l'historiette suivante.

Le jardinier de l'hospice de Charenton alla trouver son maître, il y a quelques jours, et lui dit que l'ange Gabriel lui avoit apparu et ordonné d'aller voir le roi, et de lui donner certains avis nécessaires à la sûreté de l'État. M. de Coulmiers, directeur de l'hospice, homme éclairé, se moqua du bon homme, et le renvoya cultiver ses légumes. Deux jours après, le même jardinier revint le trouver, lui déclara que l'ange Gabriel lui avoit apparu une seconde fois, et l'avoit menacé de la mort, s'il n'obéissoit pas aux ordres du ciel; en conséquence qu'il avoit résolu de voir le roi à quelque prix que ce fut. M. de Coulmiers le voyant si décidé fit prévenir le ministre de la police de cette étrange aventure, ou plutôt de cette folie ; et celui-ci eut la curiosité de voir et de connoître le nouveau

Thaumaturge. Il le fit venir dans son cabinet, et après une conférence de dix minutes, fit mettre les chevaux à sa voiture, y monta avec le jardinier, et arriva avec lui au château. Le roi prévenu ne fit aucune difficulté de les recevoir l'un et l'autre. Le jardinier, obéissant aux inspirations de l'ange gardien, parla pendant un quart d'heure avec beaucoup plus d'éloquence et de raison qu'on n'avoit droit de l'attendre et de son état et de sa tête. On assure qu'il a dit au roi des choses étonnantes; on ajoute que le roi en a paru émerveillé. Quoiqu'il en soit, cette historiette vraie ou fausse se répand dans les campagnes et les faubourgs; on la raconte en ville avec des commentaires plus ou moins longs plus ou moins malins. Mais, chose singulière ! j'ai vu des hommes d'esprit, qui ne croient ni à dieu ni à diable, soutenir que tout cela étoit possible, et étoit nullement déraisonnable.

Lord Castlereagh to Mr. à Court.

Foreign Office, April 15, 1816. My dear Sir, I don't know that I can add anything to my official letter. You will see therein the whole of this transaction adverted to; how it mixes itself up with the Frankfort exchanges; and how it has been complicated by Prince Metternich's contradictory proceedings. Prince Castelcicala has been trying to make me blow hot and cold upon this point, as well as the Austrian Minister ; but, as I detest this mode of conducting affairs, and believe half the political evils of the world originate in these indirect proceedings, I have given him no encouragement to suppose that the interposition of Great Britain will be other than what is professed.

I wish you not to omit every suitable exertion to reconcile the Neapolitan Government to lend itself to this measure; but you will at the same time watch the state of things at Frankfort, so as to be sure that our efforts are employed for an adequate purpose, viz., a general settlement of all differences.

Believe me to be, &c., CASTLEREAGH.

Baron Wessenberg to the Earl of Clancarty.

Francfort, ce 4 May, 1816. En me référant à notre dernière conversation, par rapport à Mayence, j'ai l'honneur de vous communiquer confidentiellement l'Extrait des discussions, qui ont eu lieu à ce sujet entre le Prince de Hardenberg et le Prince de Metternich. Je dois supposer que le Prince Esterhazy a été chargé d'en parler à Lord Castlereagh.

Les conditions mises par la Prusse à l'acceptation des propositions de l'Autriche me paroissent un peu ridicules. L'Autriche céde au-delà de 30 mille âmes de plus à la Prusse sur la rive gauche : elle s'est prêtée à faciliter les arrangemens avec la Hesse ; elle concourt à lui obtenir le droit de garnison à Luxembourg : elle est, par conséquent, en droit d'attendre en retour quelque légère complaisance de sa part.

L'Angleterre est intéressée à ce que Mayence, la clef do l'Allemagne, ne soit pas à la Prusse exclusivement: Il est déjà assez malheureux que le royaume des Pays Bas soit séparé de l'Allemagne par les possessions Prussiennes. La possession de Mayence par les Prussiens changeroit evidemment la face des affaires, et surtout le système de défense adopté par les Puissances. Je ne puis comprendre comment on a pu laisser cet objet indécis lors des négociations à Paris en 1814, et puis à Vienne, et puis à Paris. Les indécisions font le malheur de ce monde.

Tout à vous, WESSEN BERG.

Mr. G. W. Chad to Lord Castlereagh.

The Hague, May 24, 1816. My Lord— The note enclosed in my despatch of yesterday, originated, I find, with the Baron de Binder, who, having repeatedly complained to Prince Metternich of the licentiousne of the Belgian press, received discretionary powers from his Highness, which have given rise to the present project. The Austrian Government does not appear, however, to have been, in any one instance, attacked by the writers in question.

The Prussian Chargé d'Affaires has been authorized by Prince Hardenberg to sign the proposed note, but General Pfühl has received no answer to his application long since made to Count Nesselrode on this subject. The publicity which has been given by the Baron de Binder to his proceedings in this affair is not considered likely to contribute to the attainment of the proposed object.

M. de la Tour du Pin, who lately expressed himself with great warmth on the subject of the obnoxious publications, appears now to be satisfied with the measures intended to be pursued by the Government of the King of the Netherlands, and not desirous that the project of the Baron de Binder should be carried into effect. He concluded a conversation last night on the subject, by saying, “C'est vouloir enfoncer une porte ouverte.”

I have the honour to be, &c., G. W. CHAD.

Lord Castlereagh to Lord Cathcart.
Foreign Office, May 28, 1816.

My dear Lord—The information you will receive by the present courier is so very full on all the points, that I hardly see the possibility of adding to it. It may be, however, proper to apprise you that M. Anstett's language at Frankfort has given an impression that the Emperor is much more averse to

accommodate Bavaria than I take to be the case. The enclosed extract of the Russian note to Count Bray, justifies a different inference. In order to facilitate the required cession of the circle of Main and Tauber, I find that Austria is disposed to press that a pecuniary indemnity should be made to Baden, out of the funds assigned at Paris to fortify the Upper Rhine; and, by some misconception, this proposition, which appears extremely objectionable, is supposed to have been dropped by me in conversation with Prince Esterhazy. I shall write to Lord Clancarty to correct this mistake. The difficulties of this question can alone be finally dealt with at Frankfort; therefore, any suggestion I throw out is merely for consideration; but my own impression is, that Baden may well cede this small circle of mediatized subjects, upon the reversion, as settled by the Protocol at Paris, being modified so as to embrace the Hochberg line. If pecuniary indemnities are required, it is not out of the fortification fund they should be taken. Your lordship will perceive that it is only by making the Slave Trade and the question of the Barbary Powers go pari passu, that we can fully meet the wishes of the Emperor and of the other Powers, who press the latter point as one of universal interest. I think his Imperial Majesty will enter cordially into the views of the British Government upon thus combining them in one common cause, and I have no doubt, if we all draw heartily together, upon the broad ground of giving repose upon Christian principles to the human race, of whatever colour, and in every part of the globe, that we shall do ourselves credit, and render a lasting service to mankind. I have just received your Persian despatch. You may assure the Emperor that the Prince Regent is disposed to rely with confidence on his Imperial Majesty's spontaneous attention to such claims of indulgence on the part of the Shah as his Persian Majesty may appear to be entitled to form, from the circumstances under which the treaty was negociated. You will at the same time observe that his Royal Highness would never have obtruded his intervention on this subject, if the influence of the British Ambassador had not, at the time, been made instrumental to the signature of the peace, and had not the hope of his good offices in procuring some modification of the terms from Russia formed, as his Royal Highness had reason to suppose, a motive with the Shah for making peace when he did. You will perceive that the tender of the Emperor's media

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