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Beatrice,

By my troth, I am sick. Margaret. Get you some of this distilled Carduus Benedictus, and lay it to your heart; it is the only thing for a qualm.

Hero. There thou prick'st her with a thistle.

Beatrice. Benedictus ! why Benedictus ? you have some moral in this Benedictus.

Margaret. Moral ? no, by my troth, I have no moral meaning; I meant, plain, holy-thistle. You may think, perchance, that I think you are in love: nay, by'r lady, I am not such a fool to think what I list; nor I list not to think what I can; nor, indeed, I cannot think, if I would think my heart out of thinking, that you are in love, or that you will be in love, or that you can be in love: yet Benedick was such another, and now he is become a. man: he swore he would never marry; and yet now, in despite of his heart, he eats his meat without grudging: and how you may be converted, I know not; but methinks you look with your eyes as other women do.

Beatrice. What pace is this that thy tongue keeps ?
Margaret. Not a false gallop.

MUCH ADO ABOUT NOTHING.-Act III. Scene IV. MARGUERITE.

Béatrice. En vérité, je souffre.

Marguerite. Procurez-vous de l'essence de Carduus Benedictus et appliquez-vous-la sur le cæur; c'est le meilleur remède contre la migraine.

Héro. Tu viens de la piquer au vif avec un chardon.

Béatrice. Benedictus! pourquoi Benedictus ? ce Benedictus cache quelque épigramme.

Marguerite. Quelque épigramme ? non, en vérité il n'y a rien de caché dans ce que je dis; je parle tout bonnement du chardon bénit. Peut-être vous imaginez-vous que je vous crois amoureuse; non, par Notre-Dame, je ne suis pas assez folle pour croire à ce que je désire, et je ne désire pas croire ce que je puis croire; et, en effet, avec la meilleure volonté du monde je ne puis croire que vous êtes, ou que vous serez, ou que vous puissiez être amoureuse: cependant Bénédict est bien changé, et le voilà devenu homme; il jurait de ne jamais se marier; et néanmoins maintenant, en dépit de son cœur, il mange sa pitance de bonne grâce : à quel point vous pouvez être convertie, je l'ignore; mais il me semble que vos yeux regardent maintenant comme ceux des autres femmes.

Béatrice. De quel train va ta langue ?
Marguerite. Un galop franc et décidé.

BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN.- Acte III. Scène Il.

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