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2 1,

F

VIOLA.

Viola. I left no ring with her: What means this lady? Fortune forbid my outside have not charm’d her; She made good view of me; indeed, so much, That, sure, methought her eyes had lost her tongue, For she did speak in starts distractedly. She loves me, sure; the cunning of her passion Invites me in this churlish messenger. None of my lord's ring! why, he sent her none. I am the man ;-If it be so, (as ’tis,) Poor lady, she were better love a dream. Disguise, I see thou art a wickedness, Wherein the pregnant enemy does much. How easy is it for the

proper

false
In women's waxen hearts to set their forms!
Alas, our frailty is the cause, not we;
For, such as we are made of, such we be.
How will this fadge? My master loves her dearly;
And I, poor monster, fond as much on him;
And she, mistaken, seems to dote on me:
What will become of this! As I am man,
My state is desperate for my master's love;
As I am woman, now alas the day!
What thriftless sighs shall poor

Olivia breathe!
O time, thou must untangle this, not I;
It is too hard a knot for me to untie.

[Exit.

TWELFTH NIGHT.- Act II. Scene II. VIOLA.

Viola. Je ne lui ai point laissé de bague: quelle est l'intention de cette dame ? nion extérieur l'aurait-il charmé ? La destinée veuille qu'il n'en soit rien ! Elle m'a beaucoup regardée, à tel point que ses yeux semblaient avoir enchaîné sa langue; car en me parlant elle était préoccupée, et ses discours étaient sans suite. Elle m'aime, je n'en saurais douter; ce message incivil est une ruse de sa passion pour m'inviter à la revoir. Elle ne veut point de la bague de mon maître! ... mais il ne lui en a point envoyé. Je suis l'homme qu'elle convoite; s'il en est ainsi (et je n'en saurais douter), pauvre femme, mieux vaudrait

pour toi être éprise d'un rêve. Tout déguisement est coupable; c'est une arme donnée à l'ennemi du genre humain. Le cour d'une femme est une cire molle; combien il est facile aux hommes trompeurs d'y graver leur empreinte! Hélas ! la faute en est non à nous, mais à notre faiblesse, car telles la nature nous a faites, telles nous sommes. Comment tout ceci s'arrangera-t-il ? mon maître l'aime passionnément; moi, pauvre fille déguisée, je suis amoureuse de lui; et elle, dans sa méprise, paraît s'être amourachée de moi. Que résultera-t-il de tout cela ? Comme homme, je dois renoncer à obtenir l'amour de mon maître; comme femme, quels soupirs inutiles, quelles douleurs sans fruit je prépare à l'infortunée Olivia! O temps ! c'est à toi et non à moi à débrouiller tout cela, c'est un næud trop compliqué pour que je le dénoue.

LA DOUZIÈME NUIT.-Acte II. Scène II.

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