Les soirées amusantes, ou recueil choisi de nouveaux contes moraux

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Page 128 - ... lui infpirer de la paffion : elle réuffit audelà de fes efpérances; le vieillard fut bien-tôt épris de fes charmes. Les vifites du laboratoire devinrent plus fréquentes & les entretiens plus longs & plus fecrets. Les domeftiques s'en apperçurent > & c'étoit l'intention de la dame que...
Page 124 - ... tel qu'il peut être dans un homme à qui l'or naît fous la main ; il trouva le moyen de fe faire connoître à un riche Seigneur , qui , après avoir occupé les premiers emplois de l'Empire , s'étoit retiré dans fa province.
Page 161 - ... guérir par lui; mais il les pria avec cette timide inquiétude que donne une grande envie d'être exaucé : il offrit fes fervices comme un véritable amant fait une déclaration d'amour : ils furent acceptés , & ce qu'il ya de plus étonnant, c'eft que ce diable d'homme réunit dans fon projet.
Page 160 - ... même fes malades s'il le falloit : ce n'eft pas même par bienfaifance, mais uniquement par plaifir: il aime à faire des cures, comme d'autres aiment à faire des mariages. A peine eut-il connu les deux frères , qu'il fe mit dans la tête de les guérir. Il commença d'abord par les faluer quand il les rencontroit: il leur faifoit beaucoup de politefle...
Page 127 - ... un terme assez court pour la perfection du grand œuvre ; ce fut pour lui un grand sujet de joie, mais cette joie fut bientôt troublée par la nouvelle que le charlatan, reçut de la mort de sa mère. Il...
Page 174 - L les yeux la finette de fa taille. Enfin la belle Conftance , déguifée en payfanne , vint fe préfenter pour fervir la jeune perfonne; & comme elle avoit averti le prétendu bienfaiteur , celui-ci l'accepta fur l'heure , & prépara un appartement pour Lucette & la faufle fuivante.
Page 178 - Cet amant offrait de donner à la jeune perfonne une maifon brillante, un équipage, & tout ce qui peut féduire un jeune cœur. Confiance étoit loin de feconder ce projet ; mais elle crut qu'il y avoit plus de danger à le taire à Lucette qu'à le lui déclarer. Elle favoit trop que le jeune homme trouveroit bien , fans elle , le moyen de faire parvenir fes offres. En les portant elle-même, elle efpéroit prémunir. Lucette contre la féduction, ou pénétrer au moins les difpofitions de fon...
Page 168 - OVSTANCE naquît à Paris de parens fort pauvres. Il fembloit que la nature eût voulu la venger de la fortune : elle lui donna la beauté. Mais ce don précieux, en procurant à une jeune perfonne des moyens de...
Page 185 - Lucette qui rétrouve fa mère au moment où elle va pour jamais s'en feparer. Elle fe jette dans fes bras, l'arrofe de larmes , & lui demande cent fois pardon de l'avoir méconnue. Il m'en a coûté, ma chère enfant, reprit Conftance, non pour te rendre des foins, mais pour te cacher ce que j'étois. Je fuis bien payée de tous mes facrifices.
Page 140 - Miléfie , dont la joie décente charmoit le cœur du pere , & irritoit les défirs de Frémival. Dès qu'il l'eut apperçue , il auroit voulu ne voir qu'elle , ne parler qu'à elle ; mais il crut devoir fe contraindre, & il ne lui adrefla la parole qu'après avoir interrogé prefque tous fes freres & fœurs.

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