Mémoires de la minorité de Louis XV

Front Cover
Buisson, 1792 - France - 320 pages
 

What people are saying - Write a review

We haven't found any reviews in the usual places.

Selected pages

Other editions - View all

Common terms and phrases

Popular passages

Page 284 - Les provinces à l'envi marchèrent de loin sur les traces de la ville. La simplicité des anciennes mœurs changea : il ne resta plus de vestiges de la modestie de nos pères que dans leurs vieux et respectables portraits, qui en ornant les murs de nos palais nous en reprochoient tout bas la magnificence.
Page 16 - Ce n'est donc pas le souverain , c'est la loi , Sire , qui doit régner sur les peuples. Vous n'en êtes que le ministre et le premier dépositaire. C'est elle qui doit régler l'usage de l'autorité; et c'est par elle que l'autorité n'est plus un joug pour les sujets , mais une règle qui les conduit , un secours qui les protège , une vigilance paternelle qui ne s'assure leur soumission que parce qu'elle s'assure leur tendresse. Les hommes croient être libres quand ils ne sont gouvernés que...
Page 8 - Il paraîtrait bien plus pardonnable à ceux qui naissent, pour ainsi dire, dans la boue, de s'enfler, de se hausser, et de tâcher de se mettre, par l'enflure secrète de l'orgueil, de niveau avec ceux au-dessous desquels ils se trouvent si fort par la naissance. Rien ne...
Page 11 - ... ensevelis, mais tant de calamités qui subsisteront après lui, seront des monuments lugubres qui immortaliseront sa vanité et sa folie. Il aura passé comme un torrent pour ravager la terre, et non comme un fleuve majestueux pour y porter la joie et l'abondance : son nom sera écrit dans les annales de la postérité parmi les...
Page 10 - Sire, sera toujours souillée de sang. Quelque insensé chantera peut-être ses victoires; mais les provinces, les villes, les campagnes, en pleureront: on lui dressera des monuments superbes pour immortaliser ses conquêtes; mais les cendres encore fumantes de tant de villes autrefois florissantes, mais la désolation de tant de campagnes dépouillées de leur ancienne beauté, mais les ruines de tant de murs sous...
Page 287 - ... leurs enfants ; nos campagnes désertes , et au lieu des trésors qu'elles renferment dans leur sein , n'offrant plus que des ronces au petit nombre des laboureurs forcés de les négliger ; nos villes désolées , nos peuples épuisés ; les arts à la fin sans émulation ; le commerce languissant...
Page 10 - ... superbes pour immortaliser ses conquêtes; mais les cendres encore fumantes de tant de villes autrefois florissantes, mais la désolation de tant de campagnes dépouillées de leur ancienne beauté, mais les ruines de tant de murs sous lesquelles des citoyens paisibles ont été ensevelis, mais tant de calamités qui subsisteront après lui, seront des monuments lugubres qui immortaliseront sa vanité et sa folie.
Page 11 - Ainsi son orgueil (i), dit l'Esprit de Dieu, sera monté jusqu'au ciel ; sa tête aura touché dans les nuées ; ses succès auront égalé ses désirs; et tout cet amas de gloire ne sera plus à la fin qu'un monceau de boue qui ne laissera après elle que l'infection et l'opprobre.
Page 7 - Les grands seroient inutiles sur la terre s'il ne s'y trouvoit des pauvres et des malheureux : ils ne doivent leur élévation qu'aux besoins publics; et, loin que les peuples soient faits pour eux, ils ne sont eux-mêmes tout ce qu'ils sont que pour les peuples.
Page 90 - ... il commençait à y en avoir de puissantes à la cour du régent. Enfin, j'avancerai une chose que la postérité croira à peine, c'est que le roi n'y trouva pas de quoi payer les frais de cette détestable commission extraordinaire. On y alla jusqu'à la persécution contre le sieur Bourvalais ; on l'exerça de même contre Paparel, et il fallut que la violence fût bien grande, puisque l'on parvint à exciter la pitié du public en faveur de plusieurs gens d'affaires de ce caractère-là....

Bibliographic information