Lettre de m.l'abbé Fortis: À mylord comte de Bute, sur les moeurs et usages des Morlaques, appellés Montenegrins. Avec figures

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La société typographique, 1778 - Dalmatia (Croatia) - 85 pages
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Page 31 - Lorsqu'un homme soupçonné de pouvoir devenir vampire, ou comme ils disent voukodlak*, meurt, on lui coupe les jarrets et on lui pique tout le corps avec des épingles ; ces deux opérations doivent empêcher le mort de retourner parmi les vivants. Quelquefois, un Morlaque mourant croyant sentir d'avance une grande soif du sang des enfants, prie ou oblige même ses héritiers à traiter son cadavre en vampire avant de l'enterrer. Le plus hardi...
Page 24 - Pobratimi, tout le voisinage regarde un tel événement comme une nouveauté scandaleuse. Ce cas arrive cependant quelquefois de nos jours, à la grande affliction des vieillards Morlaques, qui attribuent la dépravation de leurs compatriotes à leur commerce trop fréquent avec les Italiens. Mais le vin & les liqueurs fortes, dont cette nation commence à faire un abus continuel, produisent chez elle, comme par-tout ailleurs, des querelles & des évênemens tragiques.
Page 20 - Cette générofité ne fe borne pas aux étrangers mais s'étend encore à tous ceux de la nation qui font dans le befoin. Quand un Morlaque voyageur va loger chez un ami ou chez un parent, la fille ainée de la famille, ou la nouvelle époufe s'il y en £ une dans la maifon, le reçoit en Pembraffant.
Page 16 - Il faut remarquer cepert• dant que les fouliers font de la néceflité la plus indifpenfable à ces malheureux, condamnés à mener une vie errante dans les lieux les plus âpres, qui manquent d'herbe & de terre, & qui font couverts par les débris tranchans des rochers. La faim...
Page 19 - Quand je partis de la maison de cet excellent hôte, lui et toute sa famille me suivirent des veux et ne se retirèrent qu'après m'avoir perdu de vue. Ces adieux affectueux me donnèrent une émotion que je n'avais pas éprouvée encore et que je n'espère pas sentir souvent en voyageant en Italie. J'ai apporté le portrait de cet homme généreux, afin d'avoir le plaisir de le revoir malgré les mers et les montagnes qui nous séparent et pour pouvoir donner en même...
Page 43 - Scanderbeg , les frères d'une certaine JAGNA de Temefwar , qu'il avoit demandée en mariage , propoferent à ce JANCO , après l'avoir enyvré, des jeux , avec l'alternative de lui donner leur fœur s'il gagnoit , ou de le tuer s'il perdoit.
Page 2 - ... peuple barbare est bon , hospitalier, très ouvert et même naïf, qu'il ne manque pas de sentiments humains, de vertus domestiques, d'intelligence naturelle ; que ses institutions sont primitives, mais non immorales. « Je crois devoir une apologie à une nation qui m'a fait un si bon accueil, et qui m'a traité avec tant d'humanité. A cet effet, je n'ai qu'à raconter sincèrement ce que j'ai observé de ses mœurs et de ses coutumes. Mon récit doit paraître d'autant plus impartial que les...
Page 25 - ... ne fait ce que c'eft que de pardonner des injures. Vengeance & juftice fe confondent dans fa tête & compofent une feule & même idée : combinaifon-, qui paroît, il...
Page 2 - ... apologie à une nation qui m'a fait un si bon accueil, et qui m'a traité avec tant d'humanité. A cet effet, je n'ai qu'à raconter sincèrement ce que j'ai observé de ses mœurs et de ses coutumes. Mon récit doit paraître d'autant plus impartial que les voyageurs ne sont que trop enclins à grossir les dangers qu'ils ont courus dans les pays qui ont fait l'objet de leurs recherches. » Ce trésor si abondant de renseignements de toute nature que lui donnait Fortis, Mérimée l'a mis largement...
Page 16 - ... à ces malheureux, condamnés à mener une vie errante dans les lieux les plus âpres, qui manquent d'herbe et de terre, et qui sont couverts par les débris tranchants des rochers. La faim chasse quelquefois ces heyduques de leurs repaires, et les rapproche des cabanes des bergers, où ils prennent par force des vivres quand on les leur refuse.

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