Œuvres, Volume 3

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Page 287 - Les rives du lac de Bienne sont plus sauvages et romantiques* que celles du lac de Genève, parce que les rochers et les bois y bordent l'eau de plus près; mais elles ne sont pas moins riantes.
Page 296 - ... j'allais me jeter seul dans un bateau que je conduisais au milieu du lac, quand l'eau était calme; et là, m'étendant tout de mon long dans le bateau , les yeux tournés vers le ciel, je me laissais aller et dériver lentement au gré de l'eau, quelquefois pendant plusieurs heures, plongé dans mille rêveries confuses, mais délicieuses, et qui, sans avoir aucun objet bien déterminé ni constant, ne laissaient pas d'être à mon gré cent fois préférables à tout ce que j'avais trouvé...
Page 210 - Ce ne sont point les plaisirs de ma jeunesse; ils furent trop rares , trop mêlés d'amertume , et sont déjà trop loin de moi. Ce sont ceux de ma retraite , ce sont mes promenades solitaires , ce sont ces jours rapides , mais délicieux, que j'ai passés tout entiers avec moi seul, avec ma bonne et simple gouvernante, avec mon chien bien-aimé, ma vieille chatte , avec les oiseaux de la campagne et les biches de la forêt, avec la Nature entière et son inconcevable Auteur.
Page 204 - ... tout à coup, je me sens $ l'esprit ébloui de mille lumières; des foules d'idées vives s'y présentent à la fois avec une force et une confusion qui me jeta dans un trouble inexprimable; je sens ma tête prise par un étourdissement semblable à l'ivresse. Une violente palpitation m'oppresse, soulève ma poitrine; ne pouvant plus respirer en marchant, je me laisse tomber sous un des arbres de l'avenue, 10 et j'y passe une demi-heure dans une telle agitation qu'en me relevant j'aperçus tout...
Page 296 - ... dans l'uniformité du mouvement continu qui me berçait, et qui sans aucun concours actif de mon âme ne laissait pas de m'attacher, au point qu'appelé par l'heure et par le signal convenu, je ne pouvais m'arracher de là sans efforts.
Page 297 - Tel est l'état où je me suis trouvé souvent à Vile de Saint-Pierre, dans mes rêveries solitaires, soit couché dans mon bateau que je laissais dériver au gré de l'eau, soit assis sur les rives du lac agité, soit ailleurs, au bord d'une belle rivière ou d'un ruisseau murmurant sur le gravier. De quoi jouit-on dans une pareille situation? de rien d'extérieur à soi, de rien sinon de soi-même et de sa propre existence ; tant que cet état dure, ou se suffit à soi-même, comme Dieu.
Page 296 - Ces courts moments de délire et de passion, quelque vifs qu'ils puissent être , ne sont cependant, et par leur vivacité même, que des points bien clair-semés dans la ligne de la vie.
Page 296 - ... ne soit rien pour elle ; où le présent dure toujours, sans néanmoins marquer sa durée et sans aucune trace de succession, sans aucun autre sentiment de privation ni de jouissance, de plaisir ni de peine, de désir ni de crainte, que celui seul de notre existence, et que ce sentiment seul puisse la remplir tout...
Page 205 - ... le devant de ma veste mouillé de mes larmes sans avoir senti que j'en répandais. Oh Monsieur, si j'avais jamais pu écrire le quart de ce que j'ai vu et senti sous cet arbre...
Page 258 - Je vivais alors avec des philosophes modernes qui ne ressemblaient guère aux anciens. Au lieu de lever mes doutes et de fixer mes irrésolutions, ils avaient ébranlé toutes les certitudes que je croyais...

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